The Hateful Eight

The Hateful (H)eight

Je n’aime pas exagérément Tarantino. Je n’aime pas la mise en scène de la violence dans les films, et HH ne fait pas exception à la règle : il y a du sang. Forcément. Répandu, étalé, filmé, glorifié, et pour une part inutile. Il y a du sang, des bouts de cerveau, d’os, des cous qui craquent, des gens qui gémissent, supplient. Mais il y a aussi autre chose, et cet autre chose mérite que l’on se déplace pour voir ce film.

Il y a dans le dernier Tarantino un contraste énorme entre la violence du propos, la tension sous-jacente et la très grande lenteur du film. La première partie pourrait presque sembler reposante, avec de longs, très longs plans séquence (aaah, le plan d’ouverture du film, il doit durer deux bonnes minutes, il part d’une croix et élargit doucement le cadre, ce n’est pas sans rappeler le plan d’ouverture de Fargo mais encore plus maitrisé).

Car tout est là : c’est un film d’image, de tension(s), un huis-clos qui n’est plus haletant et mené tambour battant comme les premiers films de Tarantino, non, c’est un film maîtrisé de bout en bout où l’on sent que chaque plan a été conçu et photographié avec minutie. Il n’y a pas de place au hasard.

Si le début de commencement du propos du film arrive au bout de plus de deux heures, cette loooongue, très looonngue introduction ne fait que refermer doucement l’étau sur les personnages. Les longues conversations dans la diligence posent les rapports de force. Une scène où deux personnages plantent ensemble des piquets laisse planer un doute sur la possibilité que l’un d’eux se saisisse du maillet et l’enfonce sur le crâne de son camarade. Et Tarantino joue avec nos nerfs, de bout en bout.

Mis à part la fin du film, donc, ce sont de longues séquences filmées, une sorte de mexican stand-up comme en raffole Tarantino, de près de trois heures. J’ai trouvé ce film admirablement réussi, il y a une perfection incroyable.

Dernier point : la photographie, en 70mm, des plans ultra-larges. Là encore, maîtrise totale. Un huis-clos en “enfer blanc” que quelques artistes ont su imaginer (Hergé, avec Tintin au Tibet !)… Mais un Tarantino pur-jus malgré tout.

Foncez !

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