Tesla-Motors-symbol

Tesla : Schéma directeur, phase 2

(j’ai fait une petite traduction FR du post d’Elon Musk, “Master Plan, Part Deux”)

Le premier schéma directeur que j’ai écrit il y a 10 ans est maintenant dans sa phase finale. Ce ne fut pas si compliqué que cela, et ça a essentiellement consisté à :

  1. Créer une voiture de petite série, qui serait nécessairement chère
  2. Utiliser cet argent pour développer une voiture de moyenne série à un prix inférieur
  3. Utiliser cet argent-là pour créer une voiture de série à prix abordable
    Et…
  4. Fournir de l’énergie solaire. Sans blague, ça fait 10 ans qu’on l’a écrit sur notre blog.

La raison pour laquelle nous avons dû commencer avec l’étape 1 était que je ne pouvais pas faire mieux avec avec les revenus de la vente de PayPal. Je pensais que nos chances de succès étaient si faibles que je ne voulais risquer les fonds de personne d’autre que moi. Il n’y a pas beaucoup de constructeurs automobile qui réussissent. En 2016, des constructeurs américains qui n’ont pas fait faillite, il n’y en a que deux : Ford et Tesla. Créer un constructeur automobile est complètement dément, et créer un constructeur d’automobiles électriques est complètement dément puissance dix.

En outre, une voiture de faible série se construit dans une usine beaucoup plus petite et plus simple, mais nécessite de faire la plupart des choses à la main. Sans économies d’échelle, tout ce que nous avons fabriquerions serait plus coûteux, que ce soit une berline économique ou une voiture de sport. Alors que certains privilégiés seraient prêts à payer un prix élevé pour une voiture de sport, personne ne va payer 100k$ pour une Honda Civic électrique, aussi cool soit-elle.

J’ai écrit le premier schéma directeur notamment pour me défendre contre les attaques inévitables auxquelles Tesla ferait face, je craignais que l’on nous accuse de nous préoccuper uniquement de faire des voitures pour les riches, parce qu’il n’y aurait pas eu assez de constructeurs de voitures de sport ou toute autre raison bizarre. Malheureusement, le blog n’a pas empêché d’innombrables attaques sur exactement ces motifs, il a donc complètement échoué cet objectif.

Cependant, la raison principale de ce premier schéma directeur était d’expliquer comment nos actions entrent dans une vision plus large, pour donner du sens à nos actions. Le but de tout cela était, et reste, l’adoption en masse de l’énergie renouvelable, durable, pour que nous puissions imaginer un avenir serein. Voilà ce que signifie le mot «durable». C’est n’est pas un délire de hippie, ça concerne tout le monde.

Par définition, il parvenir à une réelle économie d’énergie ou bien nous allons manquer de combustibles fossiles à brûler et la civilisation va s’effondrer. Étant donné que nous devrons sortir de l’ère des combustibles fossiles de toutes façons, et que la quasi-totalité des scientifiques conviennent que l’augmentation spectaculaire des niveaux de carbone atmosphérique et océanique est fou, plus vite nous atteindrons la durabilité, mieux ce sera.

Voici ce que nous prévoyons de faire pour que ce jour arrive le plus vite possible :

Intégrer la production et le stockage de l’énergie
Créer un panneau solaire de toit avec batterie intégrée, qui fonctionne, qui donne à chacun l’autonomie sur sa propre production d’énergie, puis appliquer cela à l’échelle du monde entier. Un seul produit à commander, une seule installation, un seul contact de service, une application pour mobile.

Nous ne pouvons pas faire cela correctement si Tesla et SolarCity restent des entreprises différentes, ce qui explique pourquoi nous avons besoin de les combiner et de briser les barrières inhérentes à ces sociétés distinctes. Si ces deux sociétés sont séparées, malgré leurs origines et la poursuite du même objectif global de l’énergie durable, c’est en grande partie par accident. Maintenant que Tesla est prêt à diffuser massivement Powerwall et que SolarCity est prêt à fournir l’énergie solaire hautement différenciée, le temps est venu de les réunir.

Croitre pour couvrir les principales formes de transport terrestre
Aujourd’hui, Tesla aborde deux segments relativement petits de berlines haut de gamme et de SUV. Avec le modèle 3, un futur SUV compact et un nouveau type de camion pick-up, nous prévoyons d’aborder la majeure partie du marché de l’automobile. Un véhicule à moindre coût que le modèle 3 est peu susceptible d’être nécessaire, en raison de la troisième partie du plan décrit ci-dessous.

Ce qui importe vraiment pour atteindre rapidement un avenir durable est d’être capable d’intensifier le volume de production le plus rapidement possible. Voilà pourquoi les ingénieurs de Tesla se concentrent sur la conception de la machine qui fabrique la machine — faire de l’usine elle-même un produit. Une première analyse des principes de  la production automobile suggère que l’on peut augmenter la capacité de production entre 5 à 10 fois pour la version 3 de la voiture, sur un cycle d’environ 2 ans. La première modèle 3 de l’usine devrait être considérée comme la version 0.5, avec la version 1.0 probablement en 2018.

En plus des véhicules grand-public, il nous faut travailler sur deux autres types de véhicules électriques : les camions lourds et les transports urbains à forte capacité. Les deux sont dans leurs premiers stades de développement chez Tesla et nous devrions les dévoiler l’année prochaine. Nous pensons que le semi-remorque Tesla fournira une réduction substantielle du coût du transport de marchandises, tout en augmentant la sécurité et en étant vraiment sympa à utiliser.

Avec l’avènement de l’autonomie, il sera probablement judicieux de réduire la taille des bus et transformer le rôle de chauffeur de bus à celui de gestionnaire de flotte. Les embouteillages diminueraient grâce à l’augmentation de la densité des passagers sur la route, en supprimant l’allée centrale et en mettant des sièges dans les dégagements des portes. Par ailleurs, les bus adapteront leurs accélérations et freinages aux autres véhicules, évitant alors l’effet “accordéons” lié à l’inertie de la circulation avec de gros bus. Il sera également possible de prendre les gens en chemin et de les déposer jusqu’à leur destination. Des boutons d’appels aux arrêts de bus seront disponibles pour ceux qui n’ont pas de téléphone. Et les bus accueilleront fauteuils roulants, poussettes et vélos.

Autonomie
Comme la technologie arrive à maturité, tous les véhicules Tesla auront la technologie nécessaire pour être en pilotage entièrement automatique, avec une tolérance de panne, ce qui signifie que n’importe quel composant de la voiture pourrait casser mais votre voiture serait toujours en capacité de s’auto-piloter en toute sécurité. Il est important de souligner que la mise au point et la validation du logiciel prendra beaucoup plus longtemps que la mise en place des caméras, radar, sonar et matériels informatiques.

Même une fois que le logiciel sera parfaitement au point et bien meilleur qu’un conducteur humain moyen, il y aura toujours un écart de temps important, variant considérablement selon la juridiction, avant que la véritable autonomie de conduite ne soit approuvée par les organismes de réglementation. Nous anticipons que pour être homologués partout dans le monde, il faudra que nos voitures aient parcouru quelque chose de l’ordre de 6 milliards de miles (10 milliards de km). Aujourd’hui, la capacité d’apprentissage de notre flotte en autonomie est à un peu plus de 3 millions de miles (5 millions de km) par jour.

Je dois expliquer ici pourquoi Tesla déploie une autonomie partielle maintenant, plutôt que d’attendre plus tard. La raison la plus importante est que, lorsqu’il est utilisé correctement, le pilote automatique est déjà beaucoup plus sûr qu’une personne qui conduit par elle-même, et il serait donc moralement répréhensible de retarder la sortie de ce système simplement par crainte de mauvaise presse ou d’un calcul mercantile de la responsabilité juridique.

Selon le rapport 2015 que le NHTSA a récemment publié, les décès liés à l’automobile ont augmenté de 8% et correspondent à un décès toutes les 89 millions de miles. Les miles accumulés par l’Autopilot vont bientôt dépasser le double de ce nombre et le système s’améliore chaque jour. Ça n’aurait pas plus d’intérêt de désactiver le pilote automatique de Tesla, comme certains le souhaitent, que de désactiver les pilotes automatiques des avions — notre technologie reprend le même terme que l’aviation.

Il est également important d’expliquer pourquoi nous précisons que l’Autopilot est en version «bêta». Ce n’est pas un logiciel bêta dans un sens classique du terme. Chaque version passe par une validation interne approfondie avant d’être diffusée à tous les clients. Elle est appelée bêta afin de ne pas pécher par excès de confiance, et cela indique qu’Autopilot continuera à être amélioré (Autopilot est toujours désactivé par défaut). Une fois que nous arriverons au point où Autopilot est environ 10 fois plus sûr que la moyenne des véhicules des États-Unis, nous ne l’appellerons plus “bêta”.

Partage
Lorsque la véritable autonomie de conduite sera approuvée par les organismes de réglementation, cela signifiera que vous serez en mesure de demander à votre Tesla de venir vous prendre à peu près n’importe où. Une fois qu’elle viendra vous chercher, vous serez en mesure de dormir, lire ou faire autre chose, en route vers votre destination.

Vous serez également en mesure d’ajouter votre voiture à la flotte partagée Tesla simplement en appuyant sur un bouton sur l’application mobile Tesla et lui faire générer des revenus pour vous pendant que vous êtes au travail ou en vacances, compensant de manière significative et parfois potentiellement dépasser le coût de l’emprunt ou de la location de la voiture. Cela réduira tellement le coût réel de la propriété que presque tout le monde pourra posséder une Tesla. Comme la plupart des voitures ne sont utilisés par leur propriétaire que pour 5% à 10% de la journée, la valeur économique d’une voiture disposant d’un pilote automatique est susceptible d’être plusieurs fois celle d’une voiture qui n’en dispose pas.

Dans les villes où la demande excède l’offre de voitures appartenant à des particuliers, Tesla exploitera sa propre flotte, assurant que vous pourrez toujours vous faire transporter par une Tesla, peu importe où vous êtes.

Donc, en bref, le schéma directeur, Partie Deux est :

  • Créer de superbes toits solaires avec stockage d’énergie par batteries parfaitement intégrés ;
  • Développer la gamme de véhicules électriques pour tous les segments majeurs  ;
  • Développer une capacité d’auto-conduite qui est 10X plus sûr que la conduite manuelle via l’apprentissage massif de la flotte ;
  • Permettre à votre voiture de vous faire gagner de l’argent lorsque vous ne l’utilisez pas.

Traduction du post : Pierre-Julien Grizel

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

+ 25 = 29

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>