Love at first sting

Tattoo you

Aujourd’hui, pour la reprise de la rentrée, un Culture & Vidéo spécial tatouage(s), allez comprendre pourquoi. Avant-propos : après avoir posé la plume près de 2 ans, je suis un peu engourdi, et ce C&V ne sera certainement pas le meilleur de la série. Soyez patients, je ferai mieux la prochaine fois !

Ça commence par un clip un peu irrévérencieux, des acteurs de seconde zones habillés dans des vêtements invraisemblables (genre Luis Rego dans les bronzés), qui font un lipdub un peu foireux sur une chanson trop entendue des Rolling Stones. Start me up, la première de l’album “Tattoo you“.

Le sosie de Mick Jagger a admis s’être inspiré du personnage joué par Luis Rego dans les bronzés, aussi bien pour son t-shirt que pour sa chorégraphie.

NB : il ne lui manquait que le chapeau de Luis dans le clip des Rolling Stones. Mais Luis Rego, qui a décidément laissé malgré lui une emprunte indélébile dans l’histoire du rock, a inspiré Radiohead, qui, pour le clip de Lotus Flower, a dû visionner longuement la carrière du grand Luis. Notez que “lotus” est une marque de papier toilette : il y a une logique.

Bref, j’en reviens au tatouage. Le tatouage facial maori de l’album des Stones est censé nous rappeler que les musiciens de rock, versés dans la rebellitude, ont depuis longtemps fait encrer leur peau.

Parfois les choses sont de très bon goût, parfois d’assez mauvais goût, mais d’une façon générale le tatouage reflète plus ou moins la personnalité artistique de celui qui le porte :
  • Björk, donnant l’impression de s’être trompée de planète lors de son atterrissage sur la terre, s’est fait tatouer un compas viking sur le bras pour se repérer.
  • Eminem s’est fait tatouer le portrait de sa fille sur le bras. Je suppose que c’est au cas où il serait tellement stone qu’il en oublierait à quoi elle ressemble…
  • On peut difficilement parler de mauvais goût sans évoquer Courtney Love, qui s’est fait tatouer de zolies petites fleurs sur elle, à peu près aussi gracieuses qu’une poussée de boutons.
  • La délicate Britney Spears qui a une fée juste au dessus des fesses. Ne rien dire, surtout ne rien dire…
  • Le prétentieux Bon Jovi, qui s’est fait marquer le “S” de Superman sur le bras (CQFD)…
  • Mhhh… Heureusement, personne ne s’est fait tatouer sur la joue un cornet de glace à trois boules qui projette des éclairs !! Ah merde, si

Enfin, amateurs de chansons que nous sommes, ce qui nous intéresse plutôt ici sont les artistes qui chantent le tatouage. Les exemples sont nombreux mais voici un petit assortiment.

La première chanson parle de tatouage pour parler d’amour (“je l’ai dans la peau“, forcément). Elle est issue d’un album troublant de Michel Polnareff : “Comme un tatouage (et je matelot)“.

Le second tatouage se trouve sur l’épaule d’une chanteuse de jazz chanté par Étienne Daho.

Un autre se trouve dans un album du suédois Jay Jay Johanson, qui explique à notre Valérie Leulliot nationale qu’il n’a justement PAS de tatouage. Parmi d’autres choses.

Le tatouage est donc souvent associé à l’amour. D’une part pour son côté indélébile (l’amûûûr ça dûûûûr tûjûûûûrs) et d’autre part, comme nous le verrons plus loin, pour son côté douloureux — revoilà la scarification maori.

L’amour : certains en arrivent à se faire tatouer un prénom, un mot, un signe qui représente leur amour du moment. Parfois, c’est éphémère, c’est l’amour au premier coup d’aiguille, comme l’a montré la photo poignante de l’album de Scorpions. C’est la plus lointaine représentation du tatouage dont je me souvienne dans ma mémoire d’enfant… La pochette de cet album m’a d’autant plus marqué que j’ai mis des années à en saisir le sens et le paradoxe absurde véhiculé par la photo.

Côaaah ? Vous ne vous souvenez pas de cet album ? Mais si : il contient Still loving you. Et plutôt que de l’entendre chantée par les rockeurs (tatoués) de Scorpions, voici une version donnée toutes tripes dehors par une femme, Russe, gagnante du “the voice” local, qui je pense vous secouera un peu plus. Voici donc Наргиз Закирова :

Mais un tatouage ne se fane pas au même rythme que l’amour, jamais. Et reste indélébile, présent, rémanent, il rappelle un passé qui n’est plus.

Le processus même du tatouage consiste en une blessure et une cicatrisation, d’ailleurs plutôt en une multitude de blessures et de cicatrisations. C’est douloureux (il parait). Mais des années plus tard, apercevoir sur son corps, sans jamais pouvoir s’en débarrasser, le souvenir d’un passé qui ne sera plus, le souvenir d’une histoire, quelque chose que l’on ne peut enfouir en soi… C’est bien cela, dans un tel tatouage, qui est le plus douloureux, bien plus douloureux que l’acte en lui-même.

C’est ce que raconte Joseph Arthur dans cette magnifique chanson, “Tattoo“.

Enfin… Ça ne se finit pas toujours aussi tragiquement. Parfois, “je t’ai dans la peau“, c’est juste une déclaration d’amour. Et Frank Sinatra le chantait si bien…

Allez…. Je suis sympa…. Fermez les yeux, montez le son, voici 4 minutes de bonheur offertes par Storm Large.

PS : Bon, sérieux, ça fait vraiment mal ?!

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